Lorsque Volvo a présenté l'EX90, le successeur électrique du XC90 (qui reste toutefois en production) fin 2022, le constructeur automobile suédois-chinois avait promis que les premiers exemplaires seraient livrés un an plus tard. Cela s'est finalement fait au compte-gouttes, avec près d'un an de retard, en raison de problèmes imprévus lors du développement et notamment du logiciel embarqué.
Il s'avère aujourd'hui que ces soucis ne sont toujours pas résolus, comme le montrent deux tests de longue durée indépendants réalisés par l'organisation américaine de consommateurs Consumer Reports et le magazine néerlandais AutoWeek. Tous deux font état de toutes sortes de défauts et d'inconvénients qui semblent invariablement causés par le logiciel. Consumer Reports a même qualifié ce SUV très coûteux d'« inachevé » et il écrit que Volvo n'aurait pas dû commercialiser ce véhicule avant la dernière mise à jour logicielle. La mise à jour, version 1.3.18, semble résoudre la plupart des problèmes et elle peut être effectuée sans fil, sans que le véhicule ne doive donc être amené au garage.
Longue liste de problèmes
La liste des problèmes rencontrés par l'organisation américaine, qui achète des produits de manière anonyme et les soumet ensuite à des tests d'utilisation approfondis, est longue. Au cours des 1.000 premiers miles, soit environ 1.600 km, les testeurs ont dû se rendre deux fois au garage.
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Ainsi, le chargeur embarqué tombait régulièrement en panne, le voyant d'alerte des airbags restait allumé en permanence (ce qui signifie qu'ils ne fonctionneraient pas en cas d'accident), le système audio ne fonctionnait pas, les moteurs électriques servant à rabattre la troisième rangée de sièges surchauffaient, l'écran de bord tombait régulièrement en panne ce qui empêchait également de commander la climatisation tandis que l'avertisseur d'angle mort se déclenchait inutilement. Sans parler du fait qu'il fallait parfois attendre plusieurs minutes avant que la voiture soit prête à démarrer après avoir appuyé sur le bouton de démarrage.
De leur côté, les testeurs d'AutoWeek, qui ont pignon sur rue et qui conduisent des voitures de la flotte de presse de Volvo, ont quant à eux signalé une défaillance du système de reconnaissance des panneaux de signalisation et du régulateur de vitesse actif. Ils sont aussi relevé une connexion de données instable (empêchant le fonctionnement d'applications telles que Waze ou Spotify), un hayon qui ne se fermait plus complètement et une alarme qui se déclenchait sans raison. Après avoir remplacé certaines pièces et mis à jour le logiciel, la plupart des problèmes ont été résolus.
Sur les forums et autres réseaux sociaux, d'autres conducteurs d'EX90 signalent également toutes sortes de défauts de jeunesse que l'on ne devrait pas trouver sur une voiture qui coûte (en Belgique) au moins 80.000 euros. Volvo n'est d'ailleurs pas le premier constructeur automobile à se heurter à la complexité des logiciels actuels, qui contrôlent tous les « sens », capteurs, puces et composants mécaniques d'une voiture. Le groupe Volkswagen a également connu pendant des années des problèmes avec les logiciels de sa génération actuelle de voitures électriques, ce qui a notamment entraîné des retards dans le lancement de modèles chez Porsche et Audi.
Mauvais chiffres
Pour Volvo, l'EX90 est devenu un enfant terrible, car les retards de livraison et les problèmes logiciels découragent désormais les acheteurs potentiels. Selon le journal économique De Tijd, le constructeur n'a vendu qu'un peu plus de 1.300 exemplaires de ce modèle dans le monde au cours du premier trimestre.
Le nouvel accord commercial entre VW et l'UE est une maigre consolation pour Volvo. À partir du 1er août, l'exportation de voitures des États-Unis vers l'UE sera en effet moins coûteuse. Étant donné que l'EX90 est produite de l'autre côté de l'Atlantique, cela pourrait être une bonne nouvelle pour les ventes européennes du modèle.
Mais la mauvaise nouvelle pour la marque, c'est que l'ES90 électrique, construite en Chine, est devenue pratiquement invendable sur le marché américain (du moins si Volvo vaut faire du bénéfice) en raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.
Tous ces problèmes combinés ont conduit Volvo, qui fait partie du groupe chinois Geely, à enregistrer une dépréciation d'environ 1 milliard d'euros pour le deuxième trimestre 2025, tout en émettant un avertissement sur ses résultats. Pour faire face à ces difficultés, le groupe va également économiser environ 1,6 milliard d'euros, notamment sur le personnel de son usine américaine. Cette situation a déjà coûté son poste au directeur Jim Rowan au début de l'année. Il a été remplacé de manière surprenante par son prédécesseur Håkan Samuelsson, qui a pourtant largement dépassé l'âge de la retraite. Ce changement sera-il salvateur ? Réponse d'ici quelques mois...
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